Quand on parle d’amiante, on pense d’abord aux toitures en plaques ondulées. Pourtant, dans beaucoup de maisons bruxelloises, il se cache aussi dans des éléments plus discrets : un conduit de cheminée, une descente d’eau pluviale ou un tuyau d’évacuation. Ces pièces passent souvent inaperçues jusqu’au jour où l’on rénove.
Où trouve-t-on ces conduits et tuyaux ?
Avant son interdiction, l’amiante-ciment (souvent appelé « Eternit ») servait à fabriquer de nombreux éléments tubulaires. Bruxelles Environnement cite les cheminées parmi les éléments fonctionnels qui peuvent contenir de l’amiante. Ses informations sont détaillées dans le dossier de Bruxelles Environnement sur l’amiante dans nos logements.
Concrètement, on peut rencontrer :
- des conduits de fumée raccordés à une ancienne chaudière ou à un poêle, dans la cave, les combles ou une gaine technique ;
- des sorties de cheminée en fibrociment sur la toiture ;
- des descentes d’eau pluviale le long de la façade ;
- des tuyaux d’évacuation ou de ventilation dans une cave, un garage ou une annexe.
Un matériau généralement « non friable »
L’amiante-ciment fait partie des matériaux non friables. Les fibres y sont liées par le ciment et se libèrent moins facilement que dans un calorifuge ou un flocage. Par conséquent, un conduit intact présente un risque limité au quotidien.
Cependant, « moins facilement » ne veut pas dire « jamais ». Un tuyau fissuré, altéré par les intempéries ou abîmé par des chocs peut libérer des fibres. Le risque augmente nettement lorsqu’on le scie, le perce ou le casse.
Comment savoir si votre conduit contient de l’amiante ?
Un élément en fibrociment posé avant 1998 peut contenir de l’amiante. Toutefois, des matériaux plus récents ont parfois exactement le même aspect sans en contenir. La couleur grise ou la texture ne prouvent donc rien.
Un indice fiable existe : la mention « NT » (New Technology) garantit un fibrociment sans amiante. En l’absence de cette mention, seule une analyse permet de trancher. Bruxelles Environnement conseille de confier le prélèvement à un laboratoire agréé ou à un inventoriste, afin d’éviter toute libération de fibres.
Les situations où il faut agir
Remplacement de la chaudière ou tubage de la cheminée
Changer de chaudière implique souvent de modifier ou de remplacer le conduit d’évacuation des fumées. Si ce conduit est en amiante-ciment, il ne restera pas intact. Il doit alors être retiré avant les travaux, et non découpé sur place par l’installateur.
Rénovation de façade ou de toiture
Un ravalement ou une nouvelle toiture touche souvent les descentes d’eau et les sorties de cheminée. Un inventaire amiante est obligatoire avant ces travaux de rénovation. Il permet de repérer ces éléments à temps et d’organiser leur retrait.
Conduit visiblement dégradé
Un tuyau qui s’effrite ou se fissure mérite une évaluation, même sans travaux prévus. Selon son état, on peut décider de le protéger ou de le faire retirer.
Peut-on le retirer soi-même ?
La réglementation bruxelloise permet, sous des conditions strictes, à un particulier de retirer de petites quantités d’amiante-ciment en bon état et très facilement démontables. En pratique, un conduit de cheminée est rarement dans ce cas : il est souvent scellé, encastré ou difficile d’accès. Le démonter sans le casser est alors très difficile. Dans ce cas, mieux vaut faire appel à un professionnel.
Et les déchets ?
Les conduits et tuyaux en amiante-ciment deviennent des déchets dangereux une fois retirés. Ils doivent être séparés des autres déchets de construction, emballés intacts et évacués vers une filière autorisée. Pour en savoir plus, consultez notre article sur l’évacuation des déchets d’amiante à Bruxelles.
Un conduit suspect avant vos travaux ?
Vous remplacez une chaudière ou rénovez une façade et un conduit en fibrociment vous pose question ? Indiquez son emplacement, sa longueur approximative et les travaux prévus, puis demandez un devis pour le retrait d’amiante.