Vous retirez la moquette d’une maison des années 1960 ou 1970 et vous découvrez dessous des dalles vinyle à damier. Ou bien un vieux « Balatum » à motif fleuri recouvre encore le sol de la cuisine. Faut-il s’inquiéter ? Un ancien sol vinyle peut contenir de l’amiante, mais pas toujours au même endroit ni sous la même forme. Ce guide fait le point, sur la base des fiches de Bruxelles Environnement.
Pourquoi un vieux revêtement de sol peut contenir de l’amiante
L’amiante a été intégré dans plus de 3 500 applications, surtout dans la construction. Bruxelles Environnement rappelle qu’il est interdit depuis 1998. Par conséquent, un revêtement posé avant cette date mérite toujours qu’on se pose la question.
Dans un sol souple, l’amiante peut se trouver dans trois couches différentes :
- dans la dalle ou la feuille de vinyle elle-même ;
- dans la sous-couche cartonnée de certains revêtements en rouleau ;
- dans la colle qui fixe le revêtement à la chape.
Ces trois cas ne présentent pas le même niveau de risque. C’est pourquoi il vaut mieux les distinguer avant d’envisager des travaux.
Les dalles vinyle : un matériau plutôt « lié »
Dans son info-fiche « Le point sur l’amiante », Bruxelles Environnement montre plusieurs exemples de dalles vinyle amiantées. On y voit des dalles bicolores avec des résidus de colle noire au dos. On y voit aussi des dalles « flammées », souvent verdâtres, fixées au sol par une colle noire amiantée.
La même fiche range les composites plastiques et les colles parmi les matériaux non friables. Dans ces matériaux, les fibres sont fortement liées à la matrice. En bon état, ils ne présentent donc pas de danger. En revanche, la situation change si on les casse, les ponce ou les arrache de force.
Le Balatum à sous-couche cartonnée : le cas le plus délicat
Certains revêtements en rouleau, souvent appelés « Balatum », ont une sous-couche cartonnée. Selon Bruxelles Environnement, cette sous-couche peut contenir des fibres d’amiante faiblement liées. Elle rejoint alors la famille des feutres et cartons, que la fiche classe parmi les matériaux friables.
Concrètement, la face visible peut sembler intacte, alors que le dos se délite facilement. En effet, arracher un tel revêtement peut déchirer le carton et libérer des fibres. De plus, ce carton reste souvent collé à la chape après l’arrachage.
La colle noire sous le revêtement
Troisième source possible : la colle bitumineuse noire utilisée pour fixer les dalles ou les rouleaux. Elle peut rester sur la chape même quand le revêtement a déjà disparu. Nous détaillons ce point dans notre article sur l’amiante dans la colle et sous le carrelage.
Peut-on reconnaître un sol amianté à l’œil ?
Non. Une couleur, un motif à damier ou une colle foncée sont des signaux d’alerte, jamais une preuve. Deux dalles identiques peuvent avoir des compositions différentes. À l’inverse, un revêtement d’apparence banale peut contenir de l’amiante.
Seule une analyse en laboratoire agréé permet de trancher. Bruxelles Environnement conseille d’ailleurs de confier aussi le prélèvement à un professionnel, car il peut déjà libérer des fibres. Pour en savoir plus, lisez notre guide sur l’analyse d’amiante en laboratoire.
Ce qu’il ne faut pas faire avec un ancien sol vinyle
Tant que vous ne savez pas ce que contient le revêtement, évitez toute intervention qui l’abîme. Dans son info-fiche « L’amiante dans votre logement », Bruxelles Environnement rappelle que la législation bruxelloise interdit notamment sur les applications amiantées :
- le ponçage ;
- le forage ;
- la découpe à la scie circulaire ou à la meuleuse d’angle.
Gratter une colle ou un carton à sec soulève aussi de la poussière. Dans ce cas, mieux vaut s’arrêter et faire évaluer la situation.
Laisser en place ou retirer ?
Il n’existe pas d’obligation générale de retirer un matériau amianté en bon état. Bruxelles Environnement indique qu’un matériau non altéré peut être conservé. Cependant, la règle change dès que des travaux touchent ou risquent de toucher ce matériau. L’amiante doit alors être retiré avant les travaux.
Par ailleurs, un inventaire amiante est obligatoire avant tout chantier de rénovation ou de démolition à Bruxelles. Si vous prévoyez de changer le sol, de poser un chauffage par le sol ou de casser une chape, cet inventaire est donc la première étape.
Qu’est-ce qui influence le coût d’un retrait de sol ?
Il n’y a pas de prix standard au mètre carré. Le budget dépend surtout de quelques facteurs concrets :
- la nature du matériau : dalle non friable, sous-couche cartonnée friable ou colle ;
- la surface et le nombre de pièces concernées ;
- l’état du revêtement et la quantité de résidus sur la chape ;
- la méthode de retrait imposée par le type de matériau ;
- le conditionnement et l’évacuation des déchets, qui sont des déchets dangereux.
C’est pourquoi un devis sérieux se base sur une visite et, idéalement, sur un inventaire ou une analyse déjà réalisés.
Un projet de rénovation avec un ancien sol ?
Vous avez un doute sur un revêtement de sol à Bruxelles ou en Brabant flamand ? Décrivez-nous la situation et joignez si possible votre inventaire ou vos résultats d’analyse. Demandez un devis pour le désamiantage de votre sol : nous vous indiquerons les étapes adaptées à votre cas.