Quand on pense à l’amiante dans une chaufferie, on pense d’abord aux calorifuges blancs autour des tuyaux. Pourtant, l’amiante se cache aussi dans des éléments beaucoup plus discrets : une corde sur la porte d’une chaudière, une tresse autour d’un poêle, un carton glissé derrière un radiateur. Ces petits matériaux passent souvent inaperçus. Un joint amianté peut ainsi rester en place pendant des décennies sans que personne ne s’en doute. Ils méritent cependant autant d’attention, surtout au moment de remplacer une vieille installation.
L’amiante tissé : cordes, rubans et manchons
Dans son info-fiche « Le point sur l’amiante », Bruxelles Environnement explique que les fibres d’amiante ont été tissées pour fabriquer des cordes, des rubans et des soufflets (ou manchons). Ces produits ont servi très souvent de joints d’étanchéité. On les trouve par exemple :
- aux raccords entre les éléments de conduites ;
- entre les éléments en fonte du corps de chauffe de certaines chaudières ;
- sur des regards et au niveau des suspentes de conduites.
La fiche montre aussi des exemples très concrets : une corde sur la porte d’une chaudière, des cordes sur le cadre de la porte d’un poêle et du tiroir à suie, ou encore des rubans à l’arrière de chambranles de porte. Par ailleurs, ces matériaux servaient à limiter la transmission de chaleur entre deux métaux.
Le carton d’amiante : souple, clair et très chargé
Le carton d’amiante est moins connu. Selon la même fiche, il est fortement chargé en fibres, de 30 à 60 %. Il est assez souple, blanchâtre ou légèrement grisâtre. Sous forme de plaques, il a été utilisé pour l’isolation thermique et comme joint d’étanchéité.
Bruxelles Environnement l’illustre à plusieurs endroits :
- autour d’une gaine de ventilation ;
- dans un habillage autour d’un radiateur ;
- entre deux feuilles d’aluminium, autour de l’isolation de conduites de chauffage.
La fiche présente également un joint de type « Klingérit » placé entre les brides de conduites de chauffage.
Les gaines de ventilation, un endroit souvent oublié
Les gaines de ventilation reviennent plusieurs fois dans les exemples de Bruxelles Environnement. On y voit une cordelette au niveau de la bride entre deux éléments de gaine. On y voit aussi un soufflet anti-vibratoire à la jonction entre la gaine et le moteur. De plus, certaines gaines métalliques étaient calorifugées avec du plâtre amianté. C’est pourquoi un local technique ancien doit être examiné dans son ensemble, et pas seulement au niveau des tuyaux de chauffage.
Friable ou non : pourquoi tous les joints ne se valent pas
Bruxelles Environnement classe les tissus, cordes, rubans, feutres et cartons parmi les exemples de matériaux friables. Dans ces matériaux, l’amiante est non ou faiblement lié. Ils peuvent donc libérer plus facilement des fibres dans l’air.
En revanche, la même fiche cite aussi des joints, colles et mastics à base de composites plastiques parmi les matériaux non friables. Autrement dit, un joint amianté n’est pas forcément du même type qu’une corde ou un carton. Leur classement dépend de leur composition réelle et de leur état. Seule une analyse permet de le savoir.
Peut-on reconnaître une corde amiantée à l’œil ?
Non. Une tresse grise ou blanchâtre sur une vieille porte de chaudière peut attirer l’attention, mais ce n’est jamais une preuve. Bruxelles Environnement rappelle qu’il faut recourir à une analyse par un laboratoire agréé par le SPF Emploi. Il est aussi préférable de faire prélever l’échantillon par ce laboratoire, pour éviter de libérer des fibres. Notre article sur l’analyse d’amiante en laboratoire détaille cette démarche.
Le moment critique : remplacer une chaudière ou un poêle
Ces matériaux restent souvent en place pendant des décennies sans poser de problème. Le risque apparaît surtout lorsqu’on les manipule. Dans son info-fiche « L’amiante dans votre logement », Bruxelles Environnement cite d’ailleurs les chauffagistes parmi les travailleurs plus exposés à l’amiante.
Concrètement, la question se pose lors :
- du remplacement d’une ancienne chaudière en fonte ou au mazout ;
- du démontage d’un vieux poêle ou d’un insert ;
- de la rénovation d’une gaine de ventilation ou d’un local technique ;
- de travaux sur des conduites de chauffage anciennes.
Dans ce cas, mieux vaut faire vérifier ces éléments avant le démontage. Si l’installation comporte aussi des calorifuges, lisez notre guide sur le retrait de calorifuge amianté.
Qui peut retirer ces matériaux ?
À Bruxelles, l’info-fiche IF_02 indique qu’il est fortement déconseillé, et souvent interdit, de retirer soi-même un matériau friable. Le SPF Emploi est compétent pour décider si les travaux doivent être confiés à une entreprise agréée ou à des travailleurs ayant suivi une formation spécifique. De plus, les déchets d’amiante friable doivent être doublement emballés et confiés à un collecteur de déchets dangereux agréé.
En Brabant flamand, ce sont les règles de l’OVAM qui s’appliquent. L’OVAM y recommande de confier les cordes, joints et garnitures à une entreprise spécialisée ou à un désamianteur agréé. Pour comparer les différents cas de figure, consultez notre article qui peut retirer l’amiante.
En attendant les travaux
Un matériau en bon état n’oblige pas toujours à un retrait immédiat. Bruxelles Environnement mentionne plusieurs mesures d’attente, comme l’encoffrement ou un contrôle périodique de l’état de l’application. Un étiquetage permet aussi de prévenir les techniciens qui interviennent sur l’installation. Évitez en tout cas d’arracher, de gratter ou de brosser une vieille tresse ou un carton suspect.
Une vieille chaudière ou un poêle à remplacer ?
Vous avez repéré une corde, un joint ou un carton suspect dans une chaufferie à Bruxelles ou en Brabant flamand ? Envoyez-nous quelques photos et, si vous en disposez, votre inventaire ou vos résultats d’analyse. Demandez un devis pour le désamiantage de votre installation : nous vous indiquerons la méthode adaptée avant le démontage.