Un professionnel montre une tablette à une propriétaire, assis à une table de jardin avec des plans de rénovation et un mètre ruban, devant une maison en briques

Rénover l’électricité d’une maison ancienne : où l’amiante peut se cacher

Remplacer un vieux tableau à fusibles, ajouter des prises, tirer de nouveaux câbles : la rénovation électrique fait partie des travaux les plus courants dans une maison ancienne. Pourtant, on pense rarement à l’amiante à ce moment-là. C’est une erreur, car l’amiante a justement été apprécié pour ses qualités d’isolant électrique. Dans un bâtiment construit avant 1998, certains éléments proches de l’installation électrique peuvent donc contenir de l’amiante. Voici où regarder, et surtout ce qu’il faut organiser avant que l’électricien ne commence à percer.

Pourquoi l’amiante se retrouve près de l’électricité

Dans son info-fiche « Le point sur l’amiante », Bruxelles Environnement rappelle les propriétés qui ont fait son succès. L’amiante résiste au feu et à la chaleur. Il est aussi un bon isolant électrique, acoustique et thermique. Il a été incorporé dans plus de 3 500 applications, surtout dans la construction.

Son interdiction a été progressive. Le flocage d’amiante est interdit depuis 1980. En 1998, la fabrication et l’utilisation d’un grand nombre d’applications ont été interdites en Belgique. Depuis le 1er janvier 2005, l’utilisation et la mise sur le marché de produits amiantés sont totalement proscrites. Une installation électrique ancienne peut donc côtoyer des matériaux de cette époque.

Trois endroits à surveiller

La plaque noire derrière les anciens compteurs et fusibles

Parmi ses exemples d’amiante-ciment, Bruxelles Environnement montre une plaque noire servant de support électrique. La fiche précise que des tablettes de fenêtre, des seuils de porte ou des plinthes peuvent être faits dans la même matière. Il s’agit d’un matériau non friable : les fibres y sont fortement liées. Tant qu’il est intact, il ne libère pas facilement de fibres. En revanche, le percer ou le découper pour fixer un nouveau tableau change complètement la situation.

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Les armoires et protections coupe-feu de type Pical

Les plaques de type « Pical » ont surtout servi à la protection contre l’incendie. La fiche cite notamment les cloisons, les faux-plafonds, les portes et les armoires électriques. Ces plaques sont plus fragiles que l’amiante-ciment. Selon Bruxelles Environnement, elles se déchirent comme du carton et laissent apparaître de longues fibres aux cassures. Pour reconnaître ce type de matériau, consultez aussi notre article sur les panneaux de type Pical, Menuiserite et Glasal.

Le bourrage aux passages de câbles

Un détail surprend souvent les propriétaires. La fiche de Bruxelles Environnement montre une photo de bourre d’amiante à l’endroit où des câbles électriques traversent un mur. Elle la classe parmi les exemples de matériaux friables, c’est-à-dire les plus susceptibles de libérer des fibres. Ce genre de bourrage est discret. De plus, il se trouve exactement là où l’on intervient pour remplacer d’anciens câbles.

Le vrai risque : percer, rainurer, découper

Un matériau amianté en bon état ne présente pas de danger en soi. Le risque apparaît quand les fibres sont libérées dans l’air. Or, une rénovation électrique multiplie justement les gestes qui abîment les matériaux : forer pour fixer un coffret, rainurer un mur pour encastrer une gaine, découper une plaque pour passer un câble.

Bruxelles Environnement est très clair à ce sujet. Sur sa page « Amiante : comment éviter les risques pour la santé ? », l’administration indique que les outils à grande vitesse sont strictement interdits sur un matériau contenant de l’amiante. C’est pourquoi la question de l’amiante doit être réglée avant le premier trou, et non pendant le chantier.

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L’apparence ne suffit jamais

Une plaque noire, une surface gaufrée ou un carton grisâtre peuvent attirer l’attention. Cependant, ce ne sont que des indices. Certains matériaux récents ressemblent beaucoup à des matériaux amiantés sans en contenir. À l’inverse, un matériau d’apparence banale peut en contenir.

La seule exception facile concerne les produits marqués « NT » (New Technology), qui garantit l’absence d’amiante. Dans tous les autres cas, seule une analyse par un laboratoire agréé tranche la question. Bruxelles Environnement conseille en outre de confier le prélèvement à un laboratoire, car il sait quoi prélever et comment le faire sans dégager de fibres. Nous détaillons cette étape dans notre guide sur l’analyse d’un matériau suspect à Bruxelles.

Que faire avant de lancer les travaux ?

À Bruxelles, un inventaire amiante précis est obligatoire pour tout chantier de rénovation ou de démolition, selon Bruxelles Environnement. Par ailleurs, si des travaux risquent d’abîmer un matériau amianté, celui-ci doit être retiré dans les règles de l’art avant le début de ces travaux.

Concrètement, l’ordre logique est le suivant :

  1. Faire repérer les matériaux suspects dans les zones où l’électricien interviendra : tableau, gaines techniques, traversées de murs, cloisons à percer.
  2. Faire confirmer par analyse ce qui contient réellement de l’amiante.
  3. Décider pour chaque élément : le laisser en place s’il est intact et hors de la zone de travail, ou le faire retirer s’il sera touché.
  4. Planifier le retrait avant l’électricien, pour que celui-ci travaille ensuite sur un support sain.

Dans ce cas, un matériau laissé en place peut être signalé par une étiquette. Bruxelles Environnement recommande cet étiquetage pour avertir les techniciens qui interviendront plus tard. En revanche, n’essayez pas de démonter vous-même un support ou une armoire suspecte : ce sont justement les gestes qui libèrent des fibres.

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Préparer votre rénovation électrique sereinement

Une rénovation électrique bien préparée évite les arrêts de chantier et les mauvaises surprises. Si l’inventaire révèle des matériaux amiantés qui gênent les travaux, une entreprise spécialisée peut se charger du retrait avant l’intervention de l’électricien. Pour connaître les possibilités dans votre situation, demandez un devis pour le désamiantage en décrivant les zones concernées.